<font size=+3>Collectif Contre les Nouvelles Centrales au Charbon </font>

 

 

 

 

 

 

 


Le Havre se mobilise contre la construction de 2 centrales à charbon par Poweo et Endesa


Le collectif 2CN2C (associant Eco-Choix, Ecologie Pour Le Havre, Estuaire Sud, UFC Que choisir Le Havre, SOS Estuaire, ATTAC, Effet de serre toi-même, ADPB) a initié la mobilisation contre le projet de construction de deux centrales au charbon au Havre.

Explication :
Les sociétés énergétiques Endesa et Poweo ont le projet de construire
deux nouvelles centrales au charbon de 800 mégawatts chacune sur un site appartenant au Port Autonome du Havre (PAH). La production de cette énergie serait entièrement destinée à l'exportation.

Problème :
Deux centrales nucléaires (Paluel et Penly) existent déjà sur le département, ainsi qu'au Havre une centrale thermique EDF qui est la première émettrice de poussières de Haute-Normandie, la première émettrice de NOX et la troisième émettrice de SO2. En fonctionnement pourtant discontinu, la centrale rejette aussi plus de trois millions de tonnes de CO2 par an, soit plus du dixième des émissions de toute la région. Cette centrale contribue largement aux émissions de gaz à effet de serre. La Haute-Normadie est la région qui rejette le plus de CO2 par habitant!!
Une mauvaise expérience donc pour la Haute-Normandie qui produit à ce jour 10 000 mégawatts soit 11% de l'électricité nationale. Ainsi deux nouveaux projets sur le tapis n'enchantent guère la sympathie du département qui ne représente que 2,98% de la population française et ne consomme que 4% de sa propre production.

Conséquences :
Le Havre a le taux de cancers le plus élevé en Haute-Normandie et en France (35,7% contre 33,9% et 31,8%). Avec 978,8 décès pour 100 000 habitants, le territoire havrais se place en troisième position des sept communautés d'agglomérations les plus touchées par la mortalité générale. Les sombres statistiques de l'Observatoire Régional de la Santé laissent présager un environnement plutôt hostile et n'arrange en rien le département…  

Résultat :
Depuis des mois, la résistance contre le projet de centrales gronde. Douze mille personnes ont signé la pétition du Collectif contre les nouvelles centrales à charbon qui a plusieurs fois manifesté avec des masques noirs tout en interpellant les élus des deux rives de la Seine. La communauté de communes de Honfleur et le conseil municipal de La-Rivière-Saint-Sauveur soutiennent le collectif. Les élus de Gonfreville l'Orcher ont invité les écologistes à s'exprimer durant une séance du conseil municipal avant de voter, à l'unanimité, un voeu contre le projet. Jean-Paul Lecoq, député-maire communiste, est lui-même signataire de la pétition : " trop c'est trop, explique-t-il. Il faut savoir dire stop quand on connaît les effets de la pollution sur la santé dans l'agglomération. En plus, ces centrales seraient un nouveau cadeau pour le secteur privé. Je refuse que les citoyens paient deux fois la note, avec leur santé et avec leur porte-monnaie. "

Les candidats aux élections municipales et cantonales, de gauche comme de droite, ne semblaient pas d'accord pour signer un chèque en blanc au duo Poweo-Endesa. Poussé par certains de ses électeurs, Antoine Rufenacht alla jusqu'à déclarer, le 5 mars, sur le blog des jeunes UMP locaux, qu'il était " hors de question d'autoriser la construction de ces centrales tant que le problème du captage du CO2 n'aura pas été résolu. " Il ajoutait : " Je pense que beaucoup de temps passera avant qu'on ne puisse construire éventuellement ces centrales. "

Solutions alternatives chez les industriels :
Endesa et Poweo assurent que leurs centrales au charbon seront " propres ". Ils désirent mettre au point une installation de captage du CO2, un procédé assez coûteux du point de vue économique et énergétique, surtout que ce genre de techniques ne sera pas mise au point de sitôt puisqu'on ne sait pas encore capter le CO2 et, encore moins, le stocker. Le doute persiste alors sur l'élimination totale de tous les polluants, que ce soit lors de l'extraction, du transport, du déchargement, de la combustion, et même après la combustion, le charbon n'a pas encore révélé toutes ses facettes...

Solutions alternatives chez les écolos :
Selon Pierre Radanne, ancien directeur de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'énergie (ADEME), " la France n'a pas besoin de produire davantage d'électricité avant 2025 ". Avant de penser à construire des centrales au charbon qui tournent le dos au protocole de Kyoto, il faudrait surtout apprendre à consommer autrement en faisant appel aux économies d'énergie (chasse aux gaspillages...), à l'efficacité énergétique (isolation des logements...) et aux énergies renouvelables. Selon l'ADEME, la France est en capacité d'économiser 50% de l'électricité actuellement consommée sans aucune perte de confort ni de compétitivité.

Conclusion :
Centrale ou pas centrale ? La situation semble être au point mort. Mais bien des inquiétudes surgissent…, comme notamment chez le porte-parole du collectif 2Cn2C, Bernard Lelièvre qui peut lire sur les ouvrages locaux : " Le Havre se trouve en situation de renforcer sa vocation de pôle de production énergétique avec un projet de terminal méthanier à Antifer et de deux projets de centrales à charbon "par le magazine l'Expansion d'avril, ou encore " la création en 2012 d'une installation pilote de captage du CO2 d'une dimension inédite en Europe "par le directeur du Havre Développement et enfin dans la revue de La Recherche, Bernard Gérard, directeur scientifique de la Ville du Havre, annonce l'accueil des projets conduits par Poweo et Endesa en précisant que le coût de chaque projet est d'un milliard d'euros...